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07.10.2008
L'activite pollinisatrice des insectes dans le monde estimée à 153 milliards d'euros par an
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2343 lectures / 6 commentaires22/09/2008, 11:44
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crédit : © C. Magdelaine - notre-planete.info
Une étude de chercheurs français, de l'INRA et du CNRS, et allemand, permet de chiffrer la valeur de l'activité pollinisatrice des insectes, abeilles principalement, à 153 milliards d'euros en 2005 pour les principales cultures dont l'homme se nourrit. Ce chiffre représente 9,5% de la valeur de l'ensemble de la production alimentaire mondiale. Les résultats de cette étude sur l'évaluation économique de la vulnérabilité de l'agriculture mondiale confrontée au déclin des pollinisateurs sont publiés dans la revue "ECOLOGICAL ECONOMICS".
La production de plus des trois quarts des cultures, soit la majorité des cultures fruitières, légumières, oléagineuses et protéagineuses, de fruits à coques, d'épices et de stimulants (café, cacao), bénéficie de l'activité pollinisatrice des animaux, alors qu'un quart n'en dépend pas du tout. En terme pondéral, 35% de la production mondiale de nourriture résulte de la production de cultures dépendant des pollinisateurs, 60% provient de cultures qui n'en dépendent pas (principalement les céréales) et 5% provient de cultures pour lesquelles l'impact des pollinisateurs est encore inconnu.
Dans ce contexte, le déclin des insectes pollinisateurs est une préoccupation majeure. L'ampleur des conséquences de ce déclin est une question toujours ouverte, en particulier la valeur économique du service de pollinisation. En s'appuyant sur la revue bibliographique de la dépendance aux pollinisateurs des principales cultures qui nourrissent l'humanitépubliée en 2007 et les données FAO (2007), l'étude parue dans ECOLOGICAL ECONOMICS calcule la valeur de la contribution des pollinisateurs à la production alimentaire à l'échelle mondiale : la valeur totale de ce service de pollinisation estimée sur la base des prix en vigueur en 2005 s'établit à 153 milliards d'euros, soit 9,5% de la valeur de la production agricole mondiale.
Trois catégories de cultures sont principalement concernées : les fruits, les légumes, avec une valeur estimée à 50 milliards d'euros chacun, suivis par les oléagineux avec 39 milliards. L'impact sur les stimulants (café, cacao...), les fruits à coque et les épices serait de moindre ampleur.
La recherche a également permis de mettre en évidence que la valeur moyenne des cultures dépendantes des pollinisateurs était très supérieure (760 € par tonne) à celle des cultures non dépendantes comme les céréales ou la canne à sucre (150 € la tonne). Le ratio de vulnérabilité, défini comme le rapport entre la production dépendante et la production totale exprimées en valeur, varie largement selon les catégories de culture avec un maximum de 39% pour les stimulants (café et cacao), 31% pour les fruits à coque et 23% pour les fruits.
L'étude a aussi mis en évidence une corrélation positive entre la valeur par unité de récolte d'une catégorie de culture et son ratio de vulnérabilité aux insectes pollinisateurs : les catégories de culture les plus dépendantes de la pollinisation par les insectes, sont aussi celles qui ont la valeur économique la plus importante.
Les résultats montrent que les équilibres alimentaires mondiaux seraient profondément modifiés pour trois catégories - les fruits, les légumes et les stimulants - en cas de disparition totale des pollinisateurs : la production mondiale ne suffirait plus à satisfaire les besoins aux niveaux actuels. Les régions importatrices nettes comme l'Union européenne seraient plus particulièrement touchées.
Cette étude ne constitue cependant pas une prévision puisque les estimations proposées n'intègrent pas les réponses stratégiques que producteurs et filières agroalimentaires adopteraient pour faire face à une telle disparition. Par ailleurs, les calculs simulent une disparition totale et non un déclin graduel. Si quelques travaux montrent une proportionnalité entre déclin et production, la relation reste encore à confirmer.
L'impact du déclin des insectes pollinisateurs a ensuite été évalué du point de vue du consommateur. Il entraînerait une diminution de la production agricole, et par suite, une augmentation des prix agricoles. Le consommateur serait donc pénalisé parce qu'il consommerait moins et à des prix plus élevés. Pour évaluer cette perte, les chercheurs ont émis différentes hypothèses en termes de réaction des prix à une offre agricole diminuée. Selon ces hypothèses, la perte pour le consommateur serait comprise entre 190 milliards d'euros (faible réaction des prix) et 310 milliards d'euros (forte réaction des prix).
Loin de conduire à la disparition catastrophique de l'agriculture mondiale, la disparition des pollinisateurs, en particulier celle des abeilles domestiques et sauvages qui constituent les principaux insectes pollinisateurs des cultures, entrainerait cependant des pertes économiques substantielles. Ces chiffres ne concernent que les cultures directement impliquées dans l'alimentation humaine. Il conviendrait de les affiner, notamment en tenant compte de l'impact sur la production des semences, très important pour de nombreuses cultures fourragères et légumières ; cet aspect augmenterait la valeur estimée de l'activité pollinisatrice. Il conviendrait aussi de tenir compte de l'adaptation des producteurs et des consommateurs, par exemple sous la forme de substitutions entre produits : ce deuxième effet diminuerait la valeur estimée de la pollinisation. Reste enfin l'impact sur la flore sauvage, qui n'a pas été pris en compte, et tous les services écosystémiques qu'elle fournit à l'agriculture et à l'ensemble de la société.
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Références
Gallai N, Salles J-M, Settele J, Vaissière BE, "Economic valuation of the vulnerability of world agriculture confronted with pollinator decline". ECOLOGICAL ECONOMICS. Août 2008
doi:10.1016/j.ecolecon.2008.06.014
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Rapport INSERM; Cancers et environnement »
Un désaveu de l’Académie de Médecine, mais une approche trop timorée.
Le rapport INSERM sur "Cancers et Environnement" a le mérite de considérer que la croissance des cancers n'est pas liée qu'aux seuls facteurs de risque tabac et alcool ou à un effet dépistage. En cela, c'est un désaveu cinglant du rapport des Académies de Médecine et des Sciences publié l'an passé qui considérait comme négligeable le lien entre cancer et environnement, pour ne mettre l'accent que sur les comportements individuels. « Par exemple, selon le rapport de l'INSERM, l'exposition à des pesticides est un facteur causal possible pour 8 des 9 cancers étudiés. La responsabilité de ces substances est donc considérable dans l'épidémie de cancers actuelle. Afin de protéger la santé publique, les parlementaires devront soutenir massivement les mesures de réduction de moitié de l'usage des pesticides en 10 ans proposées dans le cadre du Grenelle de l'environnement lors des votes à venir cet automne » déclare François VEILLERETTE, Président du MDRGF.
Pour André CICOLELLA de la Fondation Sciences Citoyennes, « ce rapport représente un progrès par rapport à l’analyse des Académies, mais il reste conçu à partir du même moule de pensée que celui des académiciens. Il repose en effet principalement sur les données épidémiologiques, c'est à dire les enquêtes effectuées sur les populations humaines. Il n'est pas acceptable aujourd'hui de ne pas prendre en compte plus sérieusement les données toxicologiques quand on analyse le lien entre cancer et environnement. Un rapport qui affirme traiter du lien entre cancer et environnement aurait du comporter un état des lieux plus complet des cancérogènes, non seulement chez l’homme, mais aussi chez l'animal. » Pour le cancer du sein par exemple, 216 substances chimiques ou radiations induisent des tumeurs mammaires chez l'animal, mais seulement 15 sont officiellement classées cancérogènes chez l’homme. Il est évident qu’il ne suffit pas de se préoccuper seulement des premières si on veut arrêter l’épidémie de cancer du sein. Par delà la question scientifique, cette vision tronquée pose un problème éthique, car pour arrêter l'épidémie de cancer, on ne peut se contenter d'attendre que les effets soient clairement avérés chez l'homme pour agir. Il faut agir sur la base de la démarche de précaution et non sur la démarche ancienne de prévention. Autre manque notoire : l'évaluation des risques qui est une méthode reconnue pour quantifier les risques cancérogènes à partir des données expérimentales n'a pas été utilisée dans ce rapport, alors qu'elle est pourtant à la base du règlement REACH pour évaluer les risques des substances chimiques ou fixer des valeurs limites européennes pour certains polluants atmosphériques comme le benzène.
L'Alliance pour la Planète considère que la lutte contre l'épidémie de cancer est un des grands enjeux de la crise écologique. Elle regrette que le Grenelle de l’Environnement n’ait pas abouti à des propositions plus ambitieuses en ce domaine et demande qu'un véritable état des lieux sur les facteurs de risque cancérogènes soit enfin effectué sur la base d'une expertise contradictoire pluridisciplinaire et pas seulement avec des experts procédant de la même école de pensée.
Contacts : André Cicolella 06 21 81 70 34
François Veillerette 06 81 64 65 58
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